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samedi 11 mars 2017

Réflexion (de coureur)


Aujourd'hui, j'ai eu du temps. Du temps pour réfléchir. À ma sortie en montagne d'hier. À ma relation particulière avec toi.

Ça y est. Je suis de retour dans tes sentiers. Là où tout a commencé un certain matin de janvier... Je dois avouer qu'elle m'a changé, cette montagne. Je crois qu'entre elle et moi, c'est une relation donnant-donnant. Parfois elle me fauche le pied et je la nargue en retour. Parfois elle se soumet car je lui fais les yeux doux...

D'autres fois elle me blesse. Je la boude. Mais j'en ai envie. Une sorte de dépendance... je crois. Malgré sa bipolarité, j'y suis attaché. Plus qu'avant mais bon, je l'ai toujours aimée. Mais pas de cette manière. Pas comme ça. Maintenant, je suis plus intime avec elle. Je la comprends. Elle me soulage. Ma foulée la change. La sculpe. La transforme...

Bientôt il faudra user de technique, car tu te découvriras, tel un mur de glace que tu laisseras tomber. Mise à nue, tu seras agressive, érodée et encore plus instable. Ta seule protection sera ton relief inégal qui sera parsemé d'embûches savamment placées. Mais je te connais bien pour t'avoir déjà fréquenté. Tes coups vicieux, tu peux te les garder. Tu m'as déjà éprouvé par le passé et je suis en paix.

Oui, notre relation n'as pas toujours été facile. J'ai peut-être manqué d'ouverture. Je ne te parle pas toujours à voix haute, mais tu sais me comprendre. Tu es et tu seras toujours une bonne confidente. Sans toi, je serais perdu même si quelque fois, j'ai hâte de te quitter. Je te respecte et vit les choix que tu m'impose. Oui, je sais, une partie de moi voudrait aller plus vite, mais je dois avouer que je tire un malin plaisir à te faire languir... 

Parfois tu me surprends en essayant de me faire glisser pour m'expédier je ne sais où, ou encore de me briser les orteils... mais tu devrais savoir que j'ai la tête dûre. Que je tiens à cette relation parce qu'en prenant exemple sur toi, je serai fort et immuable comme tes rochers et la terre qui la recouvre. Je m'aggriperai à toi comme ces racines entremêlées qui donnent vie à ces majestueux troncs qui s'élèvent pour aller chatouiller la grande immensité bleue.

Peu à peu, les millions de bourgeons que tu portes en toi éclateront, virevoleront au gré de ta fantaisie aléatoire. Tu joueras à cache-cache avec la lumière, que tu feras disparaitre à nouveau. Oui, ma vie serait bien morne sans toi. Tu m'en fais voir de toutes les couleurs... mais tu sais quoi? C'est ce qui te rends si belle...

Tu m'as mis en retard parce que je voulais en fréquenter une autre. Pour me gâter. Ça presque fonctionné. J'y ai presque cru... mais avec les espoirs que tu me fais vivre au moment présent, j'ai peine à croire que tu m'en veux autant.

Rien n'est plus sûr, rien n'est certain,
Sauf cette certitude, que ce constat soudain...






mardi 29 mars 2016

Courir ou mourir (partie 2): SE PERDRE.

Courir ou mourir (partie 2)

SE PERDRE.

Parfois, se perdre est une bonne chose… mais quelquefois, ça nous gruge de l'intérieur.

Je me suis perdu. Mais pas de la façon dont j'aime me perdre. Ces temps-ci, je m'égare. L'impression de ne plus être soi. De se réprimer. De ne pas s'écouter. Et de ruminer.

Oui, j'aime courir car courir me fait réfléchir. Me fait méditer. Me fait sentir bien avec moi-même et me donne un but. Futile quelqu'il soit. Me rendre là-bas. Revenir. Y retourner. Mais voilà, depuis quelques semaines, il semble que je me sois égaré en chemin. La destination est floue, ou peut-être est-ce ma vision? Habituellement, l'aventure me plait, mais cette fois-ci, je l'appréhende.

LES RÉPONSES QUE M'APPORTE LA COURSE SONT PARFOIS DÉCEVANTES.

Pas pour moi, mais pour les autres. Et lorsque le doute s'installe, et commence à prendre toute la place, rien de bon n'augure. La complexité des échanges chimiques y est peut-être pour quelque chose, qui sait? Ou peut-être est-ce juste le gros bon sens qui me rattrape...

Lorsque je cours, tout est tellement clair.

Et simple. Facile. Ordonné. Classifié. Bibliothêquisé. Cartographié. Relevé. Analysé. Clair.
Suis-je dans l'erreur?

La dualité de mon âme rencontre celle de mon coeur. Je ne sais pas encore combien de temps je vais pouvoir tenir… Oui, depuis une semaine, rien ne vas plus. Je suis perdu, mais la trame de ce sentiment se préparait depuis belle lurette. Elle m'attendait, surnoise, inavouée.

Je sais pourtant ce qui m'arrive. Mais je ne veux pas le voir. Il fait noir où je regarde et je ne veux pas m'y aventurer. Je sais pertinemment que si j'y mets le pied, j'y serai engouffré. De toute manière, je m'y suis perdu.

Doute.

Depuis une semaine, je ne cours plus. Il manque de sentiers autour de mon chez-moi. Juste à y penser, je suis épuisé. Je suis fatigué. Je dors mal. Lorsque je me réveille, j'ai la sensation d'avoir cette barre au ventre, qui me paralyse. J'ai le sommeil tordu. Je suis perdu. Mais je sais ce que je dois faire, même si je suis perdu. Il faut rester fidèle à soi-même. Écouter ses instinct primaires. Se faire confiance et continuer d'avancer, malgré le doute qui nous assaille.

Mais surtout, prendre les bonnes décisions. Celles qui me délivrerons. Et me permettrons de me perdre, cette fois-ci, de la bonne manière.

Je sais que j'y arriverai, car j'y arrive toujours. Mais toi, y arriveras-tu? Dans le tumulte de la vie de tous les jours, tout bouge trop vite. Il est temps pour moi de renouer avec mes vraies valeurs. Prendre un BREAK. Mettre le volume à zéro.

ÉCOUTER LE SILENCE.

Faire taire tout ce bruit et se concentrer sur un seul objectif, quelqu'il soit, afin d'avancer, un pas à la fois. Et qu'importe la direction, tant qu'elle me distance ce cet endroit où je me sens perdu, et où il fait noir. Qui, aujourd'hui, prends le temps d'écouter le silence? TOUT LE MONDE. Mais ils ne s'en rendent pas compte. Le moment entre chaque battement de coeur. Entre chaque foulée. Entre chaque saut et à chaque clignement d'oeil.

Tout s'arrête. Microscopiquement. Et tout repart. Ce rythme qui est si profondément enfoui au fond de nous. L'instinct primaire. Cette libération.

Oui, je me suis égaré en chemin. Mais pas de la bonne manière…


Parfois, il est bien de se poser les bonnes questions pour avoir les vraies réponses...

Photo ou vision floue?
Parfois, il est bien de se poser les bonnes questions...




dimanche 22 mars 2015

31956, ou le bout du rouleau...

Dans la vie, nous cherchons toujours à quantifier, qualitativer, ordonner, solutionner, évoluer, structurer, etc.

C'est bien, mais c'est mal. L'évolution est inévitable, quelle quelle soit... Positive, ou négative. Ce qu'il faut regarder, c'est le point de départ; l'élément déclencheur, l'étincelle qui a mis le feu aux poudres... Le besoin profond de changement (de vie).

Que ce soit d'une prise en main, de nouveaux défis, pour s'amuser, pour être avec des amis, pour faire comme les autres (ça peut encore passer), s'offrir un nouveau départ est parfois opressant envers soi-même. L'inconnu. Le néant. Ça fait peur, et la peur d'avoir peur, j'en connais un rayon...

Ma première fois, je m'en rappèlerai toujours. J'étais déterminé. J'étais nerveux. Car je ne le cacherai pas... Je suis avant tout une sorte de LOONER... J'avais besoin d'air frais dans ma vie. Et la seule façon originale que j'ai trouvée, bien c'était de courir avec des souliers enpruntés... Car je n'étais pas SÛR d'aimer ça.

La nervosité de courir pour une première fois, avec d'autres, m'étouffait un peu. Souliers empruntés. Vêtements de vélo (bah, c'est multisport, je sais). Partir dans l'inconnu, car courir, je connais pas vraiment ça... Bref.

Ça ne m'a pas fait mal. OK. Physiquement, peut-être un peu, mais j'aimais bien faire quelque chose de différent. Ceux qui me connaissent (bien) savent comment je suis. Pas de vagues. Le calme incarné. Mais j'y prenait goût. Une révélation. Libération. Comme une brise fraiche d'hiver à -30 en plein mois de janvier... J'adore. Mes amis vous le diront: je ne me décrit pas vraiment comme une personne compétitive.
I WAS WRONG.
Je m'aperçois qu'avec tout le chemin parcouru à ce jour, je me mentais à moi-même. De voir son nom remonter dans les listings me motive, et quantifie bien mon évolution de «coureur».
Mais il y a plus. L'environnement. Le retour aux sources... LA connexion.


Oui oui, quelques dossards... Mais ce n'est que la facade. Je me suis découvert une nouvelle facette, une nouvelle passion, qui me fera encore vivre des hauts gratifiants, comme des bas où est-ce que l'on veut tout laisser tomber. À en détester la course, et à se demander pourquoi j'en suis rendu là...

C'est là l'essence même de la vie. La dualité entre le possible et l'impossible, la tentation et la négation, la fameuse balance de la vie qui illustre les proportions parfois disproportionnées que peuvent prendre une décision, un changement, ou une simple habitude...

Je regarde le chemin parcouru... Et je me dis, que si moi j'ai réussi à me sortir d'une torpeur, et bien, je peux toujours recommencer. Et si ça s'applique à moi, et bien, ça peut s'appliquer à VOUS.

La course m'a permis de me découvrir... VOUS, oserez-vous?